Colocation meublée : micro-BIC, régime réel et déclaration des loyers
Pourquoi une colocation meublée est imposée en BIC, comment arbitrer entre micro-BIC et régime réel, quelles démarches accomplir et où porter les loyers sur la déclaration.
Par Coloco7 min

Vous louez deux ou trois chambres meublées à des personnes différentes, les loyers rentrent, et arrive la première déclaration de revenus. La question n’est plus juridique, elle est fiscale : quel régime, quelles démarches, et dans quelle case.
La confusion vient de ce que la colocation n’est pas une catégorie fiscale. L’administration ne compte pas les occupants, elle regarde si le logement est loué meublé ou vide, et pour quelle durée. Une colocation meublée à l’année suit donc le régime d’un studio meublé classique, pas celui des meublés de tourisme dont les seuils ont beaucoup bougé.
Ce guide décrit le régime d’un bailleur particulier qui loue des chambres meublées à l’année : pourquoi ce sont des BIC, comment arbitrer entre micro-BIC et régime réel, quelles démarches accomplir et ce que 2026 change. Il est informatif et ne remplace pas un expert-comptable. Pour découvrir le service côté web, partez de la page d’accueil Coloco.
Pourquoi ce sont des BIC, et ce que dit le micro-BIC
La ligne de partage est simple : une location vide produit des revenus fonciers, une location meublée des bénéfices industriels et commerciaux. Source : impots.gouv.fr, location meublée, vérifié le 2026-08-27. Le basculement s’applique dès la première chambre meublée louée et change le calcul de l’impôt, les charges déductibles, les démarches et le taux des prélèvements sociaux.
Le régime micro-BIC s’applique par défaut sous un plafond. Pour une location meublée de longue durée, il est de 77 700 € pour les revenus 2025 et de 83 600 € pour les revenus 2026, avec un abattement forfaitaire pour frais de 50 %. Source : Service-Public, revenus d’une location meublée, vérifié le 2026-08-27. Vous déclarez les loyers encaissés, l’administration retranche la moitié, et aucune charge réelle ne se déduit en plus.
Ne transposez pas les seuils du meublé de tourisme : une location saisonnière non classée relève d’un plafond de 15 000 € et d’un abattement de 30 %. Même source, vérifiée le 2026-08-27. Une colocation en bail meublé classique, en bail mobilité ou en bail étudiant n’est pas concernée.
Le logement doit être un vrai meublé. La liste réglementaire des équipements est détaillée dans notre guide sur les obligations du propriétaire en location meublée.
Régime réel : quand il devient plus intéressant
Le régime réel remplace l’abattement par la déduction des charges effectives et par l’amortissement du bien. Il s’applique de plein droit au-delà du plafond, et sur option en dessous.

La règle de décision est franche : si vos charges réelles et vos amortissements dépassent 50 % des loyers, le réel coûte moins d’impôt. C’est presque toujours le cas avec un bien financé à crédit, des travaux récents ou une copropriété chargée, et rarement le cas pour un bien détenu de longue date sans emprunt.
La contrepartie est une comptabilité commerciale, une liasse fiscale annuelle et, en pratique, un expert-comptable : sur des loyers modestes, l’écart d’impôt est souvent absorbé par les honoraires. Un déficit n’est pas perdu pour autant, il s’impute sur les bénéfices de même nature des dix années suivantes, et non sur le revenu global. Source : Service-Public, revenus d’une location meublée, vérifié le 2026-08-27.
Ce qui se déduit au régime réel

Trois familles de charges se déduisent. Les charges d’exploitation d’abord : taxe foncière, cotisation foncière des entreprises, assurance, charges de copropriété, entretien courant et frais de gestion. Les charges financières ensuite, intérêts d’emprunt en tête. L’amortissement enfin, qui étale la valeur du bâti et du mobilier sur leur durée d’usage et constitue le poste décisif dans la plupart des dossiers.
Démarches, déclaration et prélèvements
Déclarez le début de l’activité dans les 15 jours suivant le premier jour de location, sur le guichet des formalités des entreprises. La démarche est gratuite et attribue le numéro SIRET à reporter sur votre déclaration. Source : Service-Public, revenus d’une location meublée, vérifié le 2026-08-27.
Les revenus se portent sur la déclaration complémentaire n° 2042-C-PRO : au micro-BIC, aux lignes 5NI, 5OI ou 5PI pour les locations meublées autres que de tourisme ; au régime réel, le résultat de la déclaration n° 2031 se reporte aux cases 5NA, 5OA ou 5PA. L’activité est par ailleurs assujettie à la cotisation foncière des entreprises. Source : impots.gouv.fr, location meublée, vérifié le 2026-08-27. Vérifiez le millésime des imprimés chaque année.
Ajoutez les prélèvements sociaux, et c’est là que le meublé se distingue de la location nue. Les revenus du patrimoine relevant du cas général, dont la location meublée non professionnelle, supportent 18,6 %, contre 17,2 % pour les revenus fonciers. Source : Service-Public, prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, vérifié le 2026-08-27. Ils portent sur le résultat imposable, donc après abattement ou après charges.
LMNP ou LMP, et ce que 2026 change
Le statut professionnel n’est pas un choix. Vous restez non professionnel dès que l’une des deux conditions est remplie : des recettes annuelles du foyer fiscal inférieures à 23 000 €, ou des recettes inférieures aux autres revenus d’activité du foyer. Source : Service-Public, revenus d’une location meublée, vérifié le 2026-08-27. Une colocation de trois ou quatre chambres reste très en dessous.
Deux réformes récentes brouillent la lecture, et une seule vous concerne. Le resserrement des meublés de tourisme non classés ne touche pas une colocation louée à l’année. En revanche, la loi de finances pour 2025 a modifié le calcul de la plus-value : les amortissements déduits viennent en diminution du prix d’acquisition retenu, ce qui augmente la plus-value imposable à la revente. Source : Légifrance, loi n° 2025-127 du 14 février 2025, article 84 et code général des impôts, article 150 VB, vérifiés le 2026-08-27. L’avantage du régime réel se paie donc partiellement à la revente.
Choisir le régime avant de fixer le loyer
Trois vérifications cadrent un projet. Comparer les loyers annuels attendus au plafond du micro. Estimer charges et amortissement, puis regarder s’ils dépassent la moitié des loyers. Et intégrer la cotisation foncière des entreprises et les prélèvements sociaux au rendement annoncé, pas seulement l’impôt sur le revenu.
Le choix du bail se pose en parallèle : le comparatif est dans notre guide sur le bail unique ou le bail individuel en colocation, et l’intérêt économique de la colocation dans notre article sur les avantages de la colocation pour un propriétaire.
Quand le montage est arrêté et la chambre prête, l’étape suivante est de la rendre visible : publier votre chambre dans l’application Coloco.
Sources utiles à consulter
Ce guide est informatif et ne remplace pas un expert-comptable. Les montants et les imprimés doivent être revérifiés à chaque campagne déclarative.
- Service-Public, revenus d’une location meublée
- impots.gouv.fr, location meublée
- Service-Public, prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine
- Légifrance, loi n° 2025-127 du 14 février 2025, article 84
- Légifrance, code général des impôts, article 150 VB
FAQ : fiscalité de la colocation meublée
Une colocation meublée se déclare-t-elle en revenus fonciers ?
Non. Une location meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux, quelle que soit la formule de colocation. Seules les locations vides produisent des revenus fonciers.
Quel est le plafond du micro-BIC pour une colocation louée à l’année ?
77 700 € de recettes pour les revenus 2025 et 83 600 € pour les revenus 2026, avec un abattement de 50 %. Le plafond réduit de 15 000 € vise les meublés de tourisme non classés, pas une colocation de longue durée.
Faut-il un numéro SIRET ?
Oui. L’activité se déclare sur le guichet des formalités des entreprises dans les 15 jours suivant le premier jour de location. La démarche est gratuite et le numéro obtenu se reporte sur la déclaration de revenus.
Louer une chambre chez soi est-il imposable ?
Pas nécessairement. Les loyers d’une ou plusieurs pièces de votre habitation principale sont exonérés si elles constituent la résidence principale du locataire et si le loyer annuel par mètre carré reste sous le plafond réglementaire, soit 215 € en Île-de-France et 159 € ailleurs pour 2026. Source : Service-Public, revenus d’une location meublée, vérifié le 2026-08-27.
À retenir
- Traitez votre colocation meublée comme une activité BIC dès la première chambre louée, jamais comme un revenu foncier.
- Retenez 50 % d’abattement et un plafond de 83 600 € pour les revenus 2026, et ignorez les seuils des meublés de tourisme.
- Optez pour le régime réel seulement si charges et amortissements dépassent la moitié des loyers, honoraires comptables inclus.
- Déclarez l’activité sous 15 jours pour obtenir un SIRET, et provisionnez la cotisation foncière des entreprises dès la première année.
- Comptez 18,6 % de prélèvements sociaux contre 17,2 % en location vide, et anticipez la reprise des amortissements à la revente.